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Dans ce n°: le PNR, mais aussi un gros dossier très business sur les nouvelles ZAE du Grand Roissy. Un "collector"...

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1058, Transport aérien

Ce qui s’est passé à Aigle Azur

Vous voulez donner votre avis ? Cliquez ici... 17 octobre 2019

cliquez pour lire l'article

Aigle Azur, récemment (et rapidement) liquidée, a eu un moment son siège social à Tremblay-en-France, dans la zone d’activité communale Tremblay CDG . Par sa rapidité, la faillite a surpris tout le monde, car on n’avait rien entendu sur la situation de la compagnie. Fabrice Gliszczynky, journaliste (vraiment) spécialiste du transport aérien, a publié (merci à lui) le 12 octobre, dans La Tribune, un article très complet, expliquant les raisons de la chute. A lire!  EV

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1058, CA Roissy Pays de France, Gonesse, Immobilier d'entreprise, Les entreprises du Grand Roissy, Val d’Oise, culture et loisirs

Encore des incertitudes pour Europa City. La piste de ski définitivement abandonnée

Vous voulez donner votre avis ? Cliquez ici... 17 octobre 2019

Décidément, ça n’en finit pas.  Après que le gouvernement ait souhaité que le projet (qui date de plus de 10 ans) soit revu, les dirigeants d’Europa City ont annoncé, lors d’une conférence de presse tenue à Paris le 4 octobre (il y avait beaucoup de journalistes) une modification dans le sens « plus vert », pour faire court. Étaient également présents de nombreux élus du Val d’Oise (dont deux sénateurs, la présidente du Conseil départemental, Patrick Renaud, et bien sûr Jean-Pierre Blazy). Tous ont pris la parole pour défendre avec ardeur Europa City. Benoit Chang, directeur d’Alliage et Territoires (c’est le nom de la structure qui prépare Europa City) a présenté le projet verdi « un modèle d’aménagement durable, sobre, résilient, solidaire avec son territoire » (!) . Vous pourrez le voir ici.

Les oreilles d’Unibail-Rodamco ont dû siffler

Patrick Renaud, Président de la CA Roissy Pays de France

S’agissant des opposants au projet, plusieurs orateurs ont nommément cité Unibail-Rodamco, propriétaire du Cente commercial Aéroville (qui avait déjà fait un recours en justice contre le projet Europa City) coupable à leurs yeux de financer un des deux groupes nommé europasdutout. J’ai toujours été étonné de cette opposition d’Unibail alors, et j’ai bien vécu ça, qu’ils avaient été victimes et moult recours qui ont retardé Aéroville de plusieurs années. Et on se rappellera la sortie de ce … nul de Benjamin Grivaux, alors ministre, que j’avais dénoncé à l’époque. Vous pouvez revoir ça ici. Quel scandale !

Plus de piste de ski…

Il a été annoncé que la piste de ski artificielle, initialement prévue, est abandonnée. C’était devenu un symbole pour la poignée d’opposants au projet  mes P’tits Loup, qui continuent à s’ennuyer dans leurs retraites dorées (et qui s’opposent ). Je regrette, personnellement cette annulation. La piste de ski aurait pu permettre à de nombreuses personnes, qui ne peuvent pas « aller au  ski » faute de moyens (ça coute cher), de s’initier et de pratiquer ce sport-loisir. J’ai eu l’occasion de voir celle de Dubaï, elle est magnifique ! Si on devrait suivre les  zarguments « écolo » de mes P’tits Loup, il faudrait alors fermer toutes les patinoires (et même les piscines !).

Que fera le gouvernement (et donc E. Macron)?

J-P Blazy et Marie-Christine Cavecci

Après avoir consulté tout le monde, il était question qu’Elizabeth Borne, ministre de l’écologie  rende un rapport le 10 octobre. On a appris qu’il n’y en aura pas, finalement. Franchement tout ce temps…  Auparavant, le 10 septembre, Zivka Park, députée (LAREM) du secteur, Marie-Christine Cavecci, présidente du Conseil départemental du Val d’Oise, Patrick Renaud, président de la CA Roissy Pays de France et Jean-Pierre Blazy, maire de Gonesse, aviant envoyé une lettre au Président de la République, que je vous invite à voir ici. Et aussi, le Conseil départemental du Val d’Oise a voté, le 27 septembre, à la quasi unanimité, une délibération en faveur d’Europa City et du Triangle de Gonesse en général. C’est à voir ici.

N’empêche, les promoteurs d’Europa City (Ceetrus -ex Auchan immobilier et le groupe chinois de -hôtellerie loisirs – Wanda) , sont bien patients…  Ils ne désarment pas. Un investissement privé de 3 milliards quand même…  Moi à leur place, j’aurais dit depuis longtemps: vous n’en voulez pas? je m’en vais…

Mais bon, ils tiennent (ils viennent de renouveler leur pub sur RoissyMail, c ‘est un signe) et regardez cette interview, diffusée sur BFM Business le 14 octobre, de Morgane Scoarnec, directrice de la programmation d’Europa City, c’est très instructif. EV

cliquez pour voir l'interview

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1058, Politique, municipales 2020

Municipales : un point sur les candidatures

1 commentaire 14 octobre 2019

Ces élections auront donc lieu les 15 et 22 mars 2020. Comme je l’ai déjà écrit ici, je ne ferai pas, pour ces élections, de pronostiques, comme j’ai l’habitude d’en faire. C’est que la situation, tant locale que nationale, est bien compliquée.

A  Roissy-en-France, on sait que Patricia Petit, désormais ex adjointe, se présente (et mène déjà campagne). Que fera André Toulouse, 82 ans (en forme), maire depuis 1977   (qui a fait des choses immenses pour la commune) ? J’ai essayé, à  plusieurs reprises, de lui tirer les vers du nez. Pas moyen, mais mon sentiment c’est qu’il va y retourner. Idem pour François Asensi, 72 ans, maire (ex PCF) de Tremblay depuis 1991 (et député de 1981 à 2017). Je le suis sur son FB (d’où cette foto piquée récemment où il distribue, tout souriant, les dictionnaires offerts par la commune aux élèves). Au fait, s’agissant de Tremblay, la vie municipale est … spéciale : hors la période de la 2ème guerre mondiale, il n’ y a eu  que trois maires depuis… 1935 : Gilbert Berger, Georges Prudhomme (que j’ai connu) et donc François Asensi (tous communistes) pour cette ville. Je ne connais pas une telle histoire ailleurs. En fait, sociologiquement, la ville est plutôt, depuis quelques années, on va dire « centre droit/gauche », mais elle est riche, bien équipée et bien gérée, et comme en plus, l’opposition a toujours été nulle et famélique, les électeurs votent en masse pour le maire… Et Asensi, comme je lui ai redis récemment est (comme d’autres…) « drogué » par sa fonction de maire. Rappelez-vous (revoir ici), il avait, en 2017 à la fin du cumul des mandats maire/député, choisi dans un premier temps de garder son poste de député… Mais, un mois après, il avait changé d’avis…

A Puiseux-en-France, je pense que le maire (DVD), Yves Murru, y retournera probablement (il est maire depuis 2005), mais sa challenger malheureuse de 2013, Christine Mahé, non.

A Goussainville, le maire, depuis 2009, Alain Louis (75 ans , ex PS), entretient lui aussi le suspense . Goussainville a toujours été compliquée. Élisabeth Hermanville, ancienne maire (droite) a envie d’y retourner, m’a t-elle fait comprendre. Abdelaziz Hamida s’est porté candidat depuis longtemps, avec une permanence, un site web…. Il est conseiller municipal, mais dans l’opposition après avoir été longtemps  soutien du maire. Il avait été candidat indépendant aux dernières législatives et était arrivé,dans la ville, en tête avec 22%. Il a fait parlé de lui récemment, car un article de l’Express publié le 25 septembre dernier, a révélé qu’il serait fiché S pour islamisme radical. L’article a été repris par de nombreux journaux. Suite à cette parution il a annoncé qu’il portait plainte contre l’hebdomadaire.

A Dammartin-en-Goële, (77) le maire (UMP) Michel Dutruge ne se représente pas. Il avait gagné aux dernières municipales en évinçant le maire sortant, Stéphane Jabut (PS) qui avait succédé en cours de mandat à Monique Papin. Stéphane Jabut, j’en témoigne, n’a cessé d’être présent et actif sur la commune. Va t-il prendre sa revanche?

A Mitry-Mory, la maire (PCF) sortante Charlotte Blandiot-Faride  (qui avait succédé en cours de mandat  à Corinne Dupont, démissionnaire) a déjà annoncé sa candidature. En 2014, les résultats avaient été serrés: au deuxième tour, la liste PCF l’avaient emporté avec 52,81 % contre 47.18 pour la liste de droite conduite par Laurent Prugneau. Va t-il, lui, se représenter ? D’autant que Philippe Laloue, conseiller municipal (LR), qui s’était présenté à deux reprises (voir les différents résultats)  vient de quitter la ville pour passer sa retraite au soleil !

A Sarcelles, comme d’hab, c’est le bazar… On en saura plus.

Et on suit les autres communes… EV

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1058, Africa, Coup de coeur, lecture

Enfin la vérité sur l’Afrique !

Vous voulez donner votre avis ? Cliquez ici... 06 octobre 2019

Tout le monde connait mon attachement envers l’Afrique noire, de l’Ouest en particulier (voici plus de 20 ans j’avais fait imprimer cet autocollant que je distribuais partout). Mais la pauvre Afrique est vraiment, passez  moi l’expression, dans la merde, et c’est de pire en pire. Rappelez-vous, j’avais apprécié (revoir ici) un livre de Bernard Lugan sur « Les guerres d’Afrique » et j’avais vu sur son site, qu’il avait aussi écrit, en 2015, un autre livre « Osons dire la vérité à l’Afrique » que je m’étais promis de lire (merci Amazon…). Ce que j’ai fait donc. Je ne trouve pas les mots… magnifique, édifiant, unique … Toujours très documenté. Il pourfend les poncifs habituels (PIB qui ne veulent rien dire, aides massives de l’UE, entre autres, qui n’ont jamais servi à rien, quand elles n’ont pas été détournées -ce que je confirme-. Il démonte avec talent les écrits des bien-pensants habituels.  Vraiment je conseille la lecture de ce livre (223 pages).

Et je ne résiste pas à reproduire ce passage (page 189) sur un sujet que je connais bien :  « Les Africains doivent également se montrer plus que circonspects face aux essaims d’ONG qui s’abattent sur leur continent. Que peuvent en effet leur apporter à long terme ces organisations composées d’exclus ou de retraités des pays du Nord dont les motifs altruistes masquent trop souvent le fait qu’ils sont eux mêmes à la recherche de solutions à leur propres problèmes existentiels ou matériels ? Or, et il importe d’être très clair à ce sujet, sauf rares exceptions, ces « petits blancs » étouffent littéralement l’Afrique sous de milliers de « petits projets »  aux « petites capacités », portés par de « petites » ambitions qui ont pour nom puits villageois, foyers améliorés, petits moulins, petits barrages, petits élevages, petits potagers…, le tout soutenu par « petits » moyens, et surtout avec une absence totale de perspective et de coordination ».

Et encore ! Il n’a pas cité les « actions » en Afrique, de beaucoup de collectivités locales (j’en connais beaucoup dans le Grand Roissy). J’en ai jamais parlé ici, de crainte d’être mal compris (pensez-donc, les pauvres africains…) , mais je peux dire vous qu’on se donne bonne conscience, mais à grands frais. J’y reviendrai peut-être. EV

cliquez pour la fiche du livre et des extraits

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1057, Coup d' Gueule

Parce qu’y en a marre ! On ne peut plus rien dire ! Je ne cède pas…

3 commentaires 18 septembre 2019

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1057, Roissy-en-France, municipales 2020

Roissy-en-France : Patricia Petit se lance dans la course. Elle a été démise de sa fonction d’adjointe au maire

Vous voulez donner votre avis ? Cliquez ici... 18 septembre 2019

Patricia Petit, au milieu, lors de son élection au poste d'adjointe en 2016

Elle m’avait dit, en novembre 2018, qu’elle ne se présenterait pas (alors que j’avais prédit le contraire (revoir ici). Eh eh … Et bien Patricia Petit se présente aux prochaines municipales (voir ci-dessous sa lettre distribuée aux habitants de Roissy). Ce qui n’a pas plu au maire André Toulouse. Elle avait pourtant élue adjointe au maire en mai 2016, lors d’un conseil municipal mémorable (revoir ici). Du coup le maire lui a récemment, le 2 septembre retiré ses délégations en raison, selon le maire, de propos jugés déloyaux tenus en juillet, et, lundi dernier, le conseil municipal lui a retiré sa charge d’adjointe. Sur 19 élus, 6 ont voté contre et 2 se sont abstenus. Elle est remplacée par Patrick Pamart. Ambiance… Pas moyen de la joindre au moment où je mets en ligne ce commentaire (9h 50). EV

cliquez pour lire la lettre

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1057, Gonesse, municipales 2020

Interview de Cédric Sabouret : sera-t-il le nouveau souffle pour Gonesse? « Il faut revoir le projet Europa City en profondeur »

Vous voulez donner votre avis ? Cliquez ici... 17 septembre 2019

le futur site

Cédric Sabouret est conseiller municipal de Gonesse, conseiller départemental du Val d’Oise et secrétaire de la section PS de Gonesse. Il est en opposition, depuis quelques temps, au maire de Gonesse, J-P Blazy (qui se représente pour un 5ème mandat). Il est par ailleurs administrateur principal au Sénat. Comme nous l’avions prédit en janvier 2018 (revoir ici ) Sabouret se présente contre  le maire aux prochaines élections municipales des 15 et 22 mars 2020. On a voulu en savoir plus sur ses motivations et sa vision des choses sur Gonesse.

RoissyMail  : on peut dire que les élections municipales approchent à grand pas. Mais vous, vous êtes dans les starting blocks depuis longtemps…  Une première question, qui me brûle les lèvres, vous le savez, depuis un moment (et il n’y a pas que moi), pourquoi vous présentez-vous contre Jean-Pierre Blazy, alors que vous l’avez « suivi » pendant des années. Problème personnel, politique… ?

Cédric Sabouret : Je ne me présente pas « contre » Jean-Pierre Blazy, mais « face » à lui, car mon équipe porte un projet différent et parce que je pense que nous pouvons apporter un nouveau souffle à Gonesse après 25 ans de règne de Jean-Pierre Blazy à la mairie.

Depuis quelques années, mes relations avec lui se sont dégradées. Pourtant, nous partageons des convictions communes : nous avons milité ensemble au PS, même si nous n’étions pas toujours sur la même ligne au sein du parti. J’ai fait activement sa campagne lors des législatives de 2007 et de 2012. Nous avons eu de gros différents en 2011 lorsque j’ai souhaité me présenter aux élections départementales (qui s’appelaient alors cantonales). Jean-Pierre Blazy préférait que Viviane Gris poursuive pour un 3ème mandat. Les militants PS ont alors tranché en ma faveur.

Lors des élections municipales de 2014, certains à Gonesse me poussaient à me présenter, au nom du renouvellement du personnel politique. Après tout, Jean-Pierre Blazy était encore député et la loi sur le cumul des mandats allait interdire le cumul après 2017 : il ne pouvait pas rester et député, et maire. Lui-même souhaitait toutefois poursuivre son mandat local et nous avons longuement discuté, pour aboutir à un accord politique équilibré : je renonçais à me présenter en tête de liste, j’étais en troisième place sur la liste des municipales et je serais appelé à « d’importantes responsabilités au sein de la municipalité, afin d’acquérir de l’expérience et de préparer dans les meilleures conditions les prochaines échéances » (c’étaient les termes mêmes de cet accord). C’est dans cet esprit que nous avons fait campagne, rassemblés autour d’un projet local que nous avions travaillé ensemble, et que nous avons gagné dans un contexte pourtant politiquement compliqué.

Les choses se sont gâtées dès le lendemain des élections municipales. Jean-Pierre Blazy n’a alors pas souhaité que je devienne son adjoint, et m’a proposé d’être l’un des 3 vice-présidents issus de Gonesse à la Communauté d’agglomération de Val de France. Nous n’avions jamais parlé de cette hypothèse, et je souhaitais plutôt m’investir pour ma ville. J’ai refusé cet « arrangement » et j’ai alors compris qu’il ne souhaitait tout simplement pas travailler avec moi durant le mandat 2014-2020. L’accord que nous avions passé avant les élections s’est révélé caduc juste après. J’ai certainement péché en lui faisant trop confiance.

Je dois reconnaître que j’ai été un peu assommé par la situation post-municipales de 2014. De plus en plus mal à l’aise avec certaines décisions, j’ai repris ma liberté de vote assez rapidement : en 2016, lorsque Jean-Pierre Blazy a proposé d’augmenter le taux de taxe foncière communale, je m’y suis opposé, considérant qu’il n’était pas nécessaire de demander un effort supplémentaire aux contribuables pour boucler les finances de la ville. J’ai alors été exclu de la majorité municipale.

Nos désaccords sont donc plus politiques que personnels. J’ai de l’estime pour l’homme politique, son parcours (élu 4 fois maire, 3 fois député), mais je n’apprécie pas ses méthodes et son approche de la politique qui est trop verticale : un maire, même d’une ville de 25 000 habitants, devrait être plus dans l’écoute, le dialogue et privilégier le contact humain, comme le font les maires des villages. Par ailleurs, le non-respect des engagements de 2014 m’empêche d’envisager de retravailler avec lui.

RM :  qu’est-ce qui ne va pas à Gonesse, selon vous ?

CS : Gonesse dispose de nombreux atouts, en particulier un développement économique tiré par l’aéroport et le positionnement de la ville au carrefour d’axes routiers importants. Travaillant à Paris et résidant près de la gare de RER D, j’apprécie également l’accessibilité rapide à la capitale, même si nous rencontrons fréquemment des incidents qu’il conviendra de régler.

Il faut poser un regard lucide sur Gonesse et ses transformations : la commune connaît depuis une bonne dizaine d’années un phénomène de paupérisation des ménages dont on n’avait peut-être pas assez pris la mesure. Il existe aussi une exaspération légitime des habitants face à l’insécurité et des incivilités très pénalisantes, comme par exemple les rodéos sauvages durant le printemps et l’été, le dépôt sauvage de déchets sur l’espace public ou encore les occupations nocturnes et bruyantes de placettes dans les zones d’habitation. Face à ces phénomènes, la municipalité est malheureusement trop passive.

La politique jeunesse de la ville est également en profond échec et doit être revue de fond en comble. On constate que la ville ne s’occupe des enfants que jusqu’à la fin de l’école élémentaire, et s’en désintéresse après. Or, l’âge adolescent est un âge stratégique sur lequel il faut massivement investir. Dans notre programme municipal, nous proposons d’ailleurs la création d’une maison des jeunes et la mise en place de clubs jeunes dans chaque quartier.

La stratégie de densification de Gonesse et singulièrement du centre-ville m’interroge aussi : elle a tendance aujourd’hui à aggraver les soucis que nous rencontrons : stationnement, circulation, concentration des difficultés sociales etc… Elle n’a pas permis de renforcer les services locaux : le commerce de centre-ville est encore plus sinistré en 2019 qu’en 2014 et nous avons perdu la sécurité sociale, bientôt le centre des finances publiques et la maison médicale a quitté Gonesse pour Goussainville. Le déplacement du service d’état-civil à la Grande Vallée a aussi été une lourde erreur qui a affaibli le vieux-Gonesse.

Depuis 1 an que je prépare notre projet municipal 2020-2026 avec mon équipe, nous entendons aussi beaucoup de remarques des Gonessiens sur l’absence de dialogue avec la mairie, l’insuffisante prise en compte des attentes des habitants. Ainsi, la commune a conservé la semaine scolaire de 4 jours ½ alors que 85 % des Gonessiens que nous avons interrogé lors d’une consultation devant les écoles menée au printemps dernier avaient exprimé leur préférence pour un retour aux 4 jours. Au-delà de cette seule question, nous pensons que les Gonessiens attendent pour Gonesse un changement de méthode, d’attitude à leur égard. Ceux qui viennent encore aux réunions de quartier sont fatigués d’entendre des monologues à la gloire des réalisations municipales, alors que ces temps de rencontre entre municipalité et habitants devraient être consacrés à aborder des problèmes pratiques et trouver des solutions pragmatiques aux soucis du quotidien.

Je renvoie à notre première brochure de campagne que nous avons distribué depuis début septembre pour retrouver nos premières propositions pour notre ville.

RM : Depuis un moment, je vous sens frileux sur le Triangle de Gonesse et singulièrement sur Europa City. Pouvez-vous clarifier votre position ?

CS : L’aménagement du triangle de Gonesse est prévu par le SDRIF depuis des années. Mais il n’est possible que s’il existe une solution de transport collectif. Promis depuis plus de 15 ans, le barreau entre RER B et RER D est aujourd’hui abandonné de facto. Mais le Grand Paris Express apporte une autre solution : une station de métro de la ligne 17. J’ai toujours soutenu l’extension du maillage de transports en commun (dont je suis usager régulier). La préservation du climat, la lutte contre la congestion routière de l’Ile-de-France passent par le remplacement de la voiture individuelle par des trajets en transports collectifs. Pour les Gonessiens, le métro, même un peu éloigné du centre-ville, c’est aussi l’opportunité de se déplacer plus vite et pour un coût moindre un peu partout en Ile-de-France. J’y suis favorable.

Dès lors qu’il y aura le métro, le triangle de Gonesse sera urbanisé. Être favorable au métro, c’est aussi être favorable à l’aménagement/urbanisation du triangle. Dès lors, la question centrale est de savoir ce que l’on doit accueillir sur le triangle. Le projet Europacity est le grand projet (pas le seul) qui s’est positionné. Est-ce ce dont nous avons besoin ? Un grand complexe centré principalement sur des activités de centre commercial me paraît anachronique : les formes traditionnelles de commerce sont en perte de vitesse et nous avons déjà pléthore d’offres sur le territoire : Parinor 1, Parinor 2, Aeroville. Les porteurs du projet nous expliquent qu’il y aura autre chose que du commerce : culture, loisirs, mais le moteur de ce complexe restera l’activité commerciale et les autres activités prévues restent aujourd’hui assez floues. Si un complexe commercial voit le jour pour faire faillite quelques années après son ouverture, nous aurons raté une opportunité et devrons gérer une gigantesque friche commerciale.

Il convient donc que le projet actuel soit remplacé par un projet alternatif en phase avec les attentes de la société d’aujourd’hui et surtout celle de 2027 (date d’ouverture prévue). La piste de ski, en particulier, est socialement et écologiquement inacceptable et doit être abandonnée. Le triangle de Gonesse doit recevoir des activités de loisir, des activités culturelles, mais aussi des activités de formation, d’enseignement et de recherche ou encore une pépinière d’entreprises. Le caractère agricole historique du triangle peut aussi être valorisé en utilisant certains espaces pour des cultures maraîchères ou pour planter des arbres fruitiers. Finalement, prendre le métro et sortir à la gare de Gonesse pourrait offrir aux franciliens l’opportunité d’arriver dans un espace vert, ouvert, aéré, permettant d’accéder à de nombreux services, y compris se balader dans un vaste verger et pas seulement arpenter les allées d’un centre commercial. Il faut donc revoir en profondeur le projet Europacity.

« Je ne souhaite pas la réalisation du T4″

RM: que pensez-vous du projet de privatisation d’ADP (et, tant qu’à faire, du projet du futur Terminal 4 ?).

CS : La vente du capital public d’ADP à des acteurs privés est peu compréhensible. La participation de l’État dans ADP rapporte des dividendes à l’Agence des Participations de l’État. Pourquoi y renoncer au moment où le coût de l’argent est aussi faible ? Même les américains gardent dans le giron public leurs infrastructures stratégiques. La Cour des comptes vient d’épingler sévèrement le projet de privatisation d’ADP.

Concernant le T4, il pose une question très intéressante qui mérite un vaste débat : jusqu’où doit aller le développement de la plateforme de Roissy ? Cet aéroport est un magnifique outil avec ses 4 pistes et ses nombreux terminaux. Mais doit-on encore augmenter la taille de notre plus grand aéroport ? Le gigantisme a aussi ses ratés : couloirs interminables, temps de roulage considérable avant d’atteindre les aérogares pour les avions, concentration des nuisances aériennes, impact sur la santé des riverains. Le débat sur le T4 doit être l’occasion de poser cette question stratégique : l’aérien en Ile-de-France doit-il reposer largement sur Roissy, avec l’appoint d’Orly, ou doit-on engager une réflexion sur une autre répartition des flux aériens ? Dans les conditions actuelles, je ne souhaite donc pas la réalisation du T4.

PS effondré…

RM  : vous êtes toujours membre du PS ? Et si oui, comment expliquez-vous son effondrement ?

CS : Je siège au Conseil départemental au sein du groupe socialiste et apparentés, je règle chaque mois mes cotisations d’élu au PS et je suis toujours responsable de la section locale, contrairement au maire de Gonesse qui a fait toute sa carrière politique grâce au PS et qui ne règle plus ses cotisations d’adhérent et d’élu depuis la fin 2015 comme la quasi-totalité de son équipe (à l’exception notable d’un seul maire-adjoint).

L’effondrement du PS a des causes multiples. L’épuisement du projet social-démocrate depuis 20 ans explique certainement l’affaiblissement des partis qui s’en réclamaient partout en Europe (SPD en Allemagne, travaillistes en Grande-Bretagne, Parti démocratique en Italie et PSOE en Espagne). La social-démocratie doit se renouveler profondément pour retrouver une force électorale, une capacité d’attraction. Dans une société hyper-individualiste, ce travail de reconstruction idéologique est difficile et prend du temps et ne peut se résumer à une fuite en avant populiste.

L’effondrement du PS en France a été accéléré par le scénario du dernier quinquennat et de l’élection présidentielle de 2017. Les batailles au sein de la gauche, le bazar pendant toute la période 2012-2017 au sein du PS ont conduit les électeurs à ne plus avoir confiance dans la capacité des dirigeants du PS à diriger la France. Je constate que depuis les élections européennes, Les Républicains sont à peu près dans le même état. La confiance de nos concitoyens dans les partis politiques est aujourd’hui plus que limitée et touche toutes les formations qui ont été au pouvoir.

Je garde mes valeurs et ne renie aucun de mes engagements politiques, mais à l’échelon local, j’ai souhaité constituer une équipe au-delà des étiquettes politiques autour de personnalités de qualité, déterminées à agir pour le bien commun. C’est dans cette philosophie que je m’inscris pour les élections municipales de 2020.

(propos recueillis par EV)

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1057, délire

Bienvenue au club ! Sacré Na!

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